09 juin 2012

Les dessous de la P1. #1

Contre-Vérité n° 1 : Un P1, ça travaille tout le temps.

 

Mon année de bizuth a été très déséquilibrée par rapport à mon redoublement, non pas que j'aie travaillé davantage mais que j'ai dû trouver les bonnes méthodes et être efficace. Je me suis pour cela énormément inspiré du cadençage de la SNCF ... ^^ Faire les mêmes choses, au même moment, à régularité constante. Que ce soit en primant ou en doublant, j'ai systématiquement profité de ma pause déjeuner pour regarder une série télé. Cela vous fait 44 minutes de détente devant votre écran, en mangeant, c'est pas de trop. On est d'ailleurs sous la fameuse "heure" déjeuner. Mais sinon : que ce soit en primant ou en doublant, je suis passé par Disneyland au moins une journée dans le semestre pour me changer les idées, que j'aie 14 ou 40 jours de révision. A chaque fois, cette sortie était bien prévue à l'avance !

Le vendredi soir a toujours été très light pour moi : fin de la journée à 18h. Pourquoi ? Le vendredi est une journée de travail personnel, sans cours supplémentaire et donc je pouvais bien avancer. Il me semblait important de ne faire traîner cette journée particulière dans la semaine. D'autant plus que j'aimais me dire que je me reposais pour mieux mémoriser et être dispo pour les épreuves du tutorat du lendemain. 

Le dimanche matin, j'avais ma petite routine et je rentrais chez moi pour 9h30 et je commençais ma journée de travail. Je suis très sensible aux rythmes de la semaine et à défaut d'avoir mon dimanche, je le commençais légèrement plus tard.

Niveau heures de sommeil, j'ai fait le choix de la régularité à une heure près le dimanche. Rien d'excessif pour ne pas réactiver ma fatigue et pour ne pas me dérégler pour la semaine qui venait.

Vie de couple. J'ai réussi à la concilier avec ma P1 mais autant dire que l'équilibre n'était pas en faveur d'un 50/50. Ma moitié connaissait très bien mon emploi du temps, la longueur de mes journées et donc on se prévoyait des ptits extras après ma journée de travail de temps à autres : ciné, bouffes. Une ou deux journées un peu éloignées de Paris pour me changer les idées quand j'en avais besoin (et toujours en récompense de la fin d'une période donnée de révisions par exemple où j'avais un objectif ambitieux à boucler). Ca a été zéro prise de tête, zéro engueulade. Du soutien, rien que du soutien. Et là apparaît la leçon : si votre vie de couple vous prend la tête, soyez responsable et faîtes un choix : s'impliquer à fond en P1 ou faire autre chose de son temps. On est passé d'une nuit ensemble par semaine en primant à deux en fin de première année. Puis à quasiment tous les soirs pendant mon année de carré puisque je culpabilisais moins, que j'assumais davantage mes journées de travail (plus de culpabilité après 19h).

Un autre plaisir tout con. La douche du soir. Avec un gel douche qui sent bon, une bonne douche chaude. Prêt pour le dodo ! 

 

J'ai fait le choix de consacrer le peu de temps libre que j'avais à mon couple et ça m'a donné une belle bouffée d'oxygène ! J'ai rentabilisé au maximum mes moments de non-travail : déjeuner devant une série, se doucher hors de ma journée de travail mais pas le matin pour apprécier ma douche, dormir un peu mais en profiter pour voir ma moitié et prendre un ptit déj le lendemain parce que je commence un peu plus tard le dimanche. Bref plutôt qu'éparpiller les plaisirs, faut les faire en laps de temps réduit. Faire d'une pierre deux coups quoi !

 

La P1, ça a été l'apprentissage pour moi d'une rigueur. Non pas que je n'en avais pas, mais pour le coup c'était très carré. Faire des plannings, s'y tenir. Se donner une amplitude et un rythme de travail ; les tenir. Se dire qu'au final ce n'est pas le travail sur une semaine qui va compter mais le travail continu sur tout le semestre. 

La P1 est aussi un incroyable révélateur humain ; vous savez à qui vous fier ou pas. Vous ferez le tri parmi vos amis. Vous testerez vos relations amoureuses si vous en avez. Vous en apprendrez sur vous-même ; et rien que pour ça, je suis content d'être passé par une P1. 

Posté par Pehun à 00:22 - - Commentaires [14] - Permalien [#]


Commentaires sur Les dessous de la P1. #1

    Ben tiens, voilà un mot d'or que les p'tits jeunes qui vont forcément passer par là doivent absolument retenir: RE-GU-LA-RI-TE.

    Pas la peine de vouloir faire des records sur la montre, 12h de travail par jour pour être naze le jour d'après...

    J'ai goûté à peu près à tout le cocktail toxique propice au foirage d'une P1 et je retiendrais trois conseils:

    1/ Régularité, ni trop ni pas assez. Savoir se fixer des heures de travail, des heures de pauses. Pas de mélange, sinon ça part en c***.

    2/ Optimiser les temps "hors P1". Réduire les transports, c'est de la pionce gagnée. Rester chez papa maman ou avoir une moitié (ou un(e) coloc) conciliante pour s'occuper des tâches courantes. En gros, c'est pas beau, mais faut penser qu'à sa gueule. Ciel mon concours, l'année prochaine on pourra se rattraper.

    3/ Garder ce qu'on appelle désormais communément désormais une "vie sociale". De bons amis, et si vous avez la chance d'en avoir une, une vie de couple. Seuls vous ne tiendrez pas ou en tout cas vous aurez plus de mal. Masos, mais point trop n'en faut.


    Y en a qui ont essayé, y z'ont eu des problèmes...

    En tout cas c'est vrai qu'on ressort changé d'une P1.

    En fait je crois qu'on répète tous plus ou moins les mêmes choses, comme des vieux cons au club des vétérans après une guerre, mais une guerre ça ne se raconte pas, ça se (sur)vit...

    Posté par V.D., 10 juin 2012 à 16:42 | | Répondre
  • merci pour cet article bien intéressant, j'aurais bien voulu le lire pendant ma propre p1 d'ailleurs Ton article me fait penser que côté loisirs on est vraiment tous différents, tu as réussi à te caser des plages de détente, et ça, ça me dépasse complètement ! Chuis adepte du no loisirs-no télé- no ordi-no_friends_at_all-no family, et j'attends la saturation pour tout arréter un WE. Ouais une maso comme le dit V.D. J'ai pourtant essayé de me pondérer, de faire comme tu l'a fait, un petit plaisir à temps régulier, mais ça n'a tenu qu'une semaine. J'ai aussi fait la bétise de copier sur des concurrents: travailler moins pour travailler mieux, et sur moi l'effet a été catastrophique. Pourtant je continue de penser que la clé du succès se trouve là: le repos ! C'est juste que je ne sais pas faire comme il faut.
    Tout à fait d'accord sur le "révélateur humain"= j'ai continué de me prendre des claques même en redoublant...et même les plus révélatrices. Ca aide a progresser!
    En tout cas, j'espère que tu auras ton année, ça fait 2 ans que je te lis en croisant les doigts pour toi ! [plus irrégulièrement -je l'admet- pdt la p1, n'ayant pas le net ds mon chez-moi d'étudiante ]
    Bonnes vacances

    PS: Ton couple c'est du soliiiiiiide !!

    Posté par Neverlet, 10 juin 2012 à 17:51 | | Répondre
  • Merci Neverlet

    Je trouve tout de même qu'il était possible de faire davantage de pauses. Mais se lever tôt à heure fixe, c'était psychologique : je me lève tôt, je bosse, je fais mon max. En effet, mon organisation de couple notamment impliquait qu'il valait mieux bosser quand ma moitié était occupée aussi ! Ca évitait des frustrations et surtout bosser le soir, je trouvais ça glauque ! J'y étais peut-être plus productif au début, mais j'ai vite appris à être du matin/du midi/du soir! C'est ça un bon P1 ^^

    La règle doit sûrement se résumer à la régularité. Je ne sais pas comment vivent ceux qui bossent par acoups. Ca donne tout plein de remords.

    Suffit pas de savoir bosser, faut pas tendre le baton pour se faire battre : c'est en étant rigoureux avec soi-même qu'on n'a pas de regrets. Pas de regrets de faire de pauses puisqu'elles étaient prévues. Pas de bien gros débordement de planning puisque j'étais régulier et que donc je n'oubliais pas tout à chaque fois. Bref, en lissant un max son organisation, on vit mieux sa P1 !

    D'ailleurs, en doublant, je suis désolé de casser le mythe mais je n'ai eu aucun retard excepté les 10 derniers jours de chaque semestre où les contraintes horaires ont fait que voilà on faisait énormément de choses en peu de temps (genre les membres en anat'). Mais les retards en cours de semestre ? je n'ai jamais connu... Les seuls retards que j'avais, c'était par rapport à ma propre organisation et ma prise d'avance. Je subissais ma volonté de réviser et d'être en avance, pas la fac. A l'inverse de quand j'étais primant !

    Posté par Péhun, 10 juin 2012 à 18:01 | | Répondre
  • Un très joli article, avec la plus grande vérité d'une P1 - à mon goût : régularité et rythme du corps.

    Posté par Maztek, 11 juin 2012 à 10:26 | | Répondre
  • Merci Maztek, ton commentaire m'a fait très plaisir à lire ! N'hésite pas à annoter mon article de ta propre expérience, confronter les différentes expériences peut être utile au lecteur

    T'es une carrée aussi je te le rappelle

    Posté par Péhun, 11 juin 2012 à 12:12 | | Répondre
  • Je confirme il n'y a pas de meilleur conseil à donner que celui de la régularité. A nombre d'heures travaillées constant l'influence de ce facteur est considérable, même s'il n'y paraît pas.

    Pour l'optimisation des petits plaisirs je faisais exactement comme toi pendant les repas (devant la télé, 1h30 vaisselle incluse), je profitais également d'une bonne douche après le travail (je ne travaillais jamais après). Hélas je n'étais pas en couple, mais je soupçonnais toutes les vertus motrices que cela pouvait procurer (comme ça agit directement sur le circuit de la récompense !).

    Je rajoute la musique dans les transports, les dimanches non travaillés pour se détendre après une semaine chargée (jeux vidéos, lecture, film le soir). Et le cycle hebdomadaire se répétait inlassablement, le temps filait à vive allure, jusqu'à la fin du concours.

    Pour les plannings perso je ne réussissais jamais à les boucler, c'est une de mes déceptions de la P1². Ils étaient trop exigeants, et comme ça me démotivait de pas tout faire, j'en faisais moins que si j'avais établi un planning réaliste ! Je conseillerais donc de ne pas se demander plus que de raison.

    Posté par medicatrix, 11 juin 2012 à 13:36 | | Répondre
  • Tu as donné le refrein !

    "Et le cycle hebdomadaire se répétait inlassablement".

    C'est le plus dur à vivre je trouve. Faire toujours les mêmes choses, tout le temps. Ne plus laisser de la place pour les excès.

    Les plannings ne sont pas une bonne idée pour tout le monde : il faut les utiliser que si on sait qu'on les tient. Pour ma part, en primant, je me faisais des plannings mentaux. Je me levais, et pendant le trajet jusqu'à la salle de bains, je réfléchissais à quoi faire sur les deux prochains jours grosso modo. Et je faisais ce qu'il fallait. Au fur et à mesure de l'année de primant, mentalement toujours, je savais ce que je voulais faire sur 4/5 jours, puis un jour j'ai fait face à ce besoin :

    Il me reste 2 mois. Qu'est ce que j'aurais fait pendant 2 mois ? Et le planning n'est pas devenu un objectif à atteindre mais simplement un indicateur de ma progression à long terme. Savoir qu'en deux mois, j'aurais revu tant de fois tel cours, fait tant de tours etc...

    Puis j'en ai eu marre des plannings mentaux qui me prenaient 5 min chaque matin. J'ai donc imprimé mes semainiers et là, ça me prenait 10 minutes sur toute la semaine. Suffit d'aligner les cours les uns à côté des autres et de savoir combien de "petits points" on peut se faire dans la journée.

    Le planning en objectif à atteindre, en affoleur permanent, ce n'est pas un bon plan. Il faut vraiment se connaître avant d'y avoir recours.

    Pas mal marchent au feeling. D'ailleurs au final, au début j'ai marché au feeling aussi en étant guidon sur le court terme.

    En P1, on est content de savoir la progression sur le long cours !

    Le quantitatif n'est pas absolu mais personnellement, je trouvais bien d'avoir tout revu 4 ou 5 fois. En sachant que la première fois c'est l'apprentissage et que mes "fois" ne sont pas trop à court terme. Le but n'est pas de revoir en 5 jours consécutifs un cours et de l'oublier !

    Posté par Péhun, 11 juin 2012 à 13:43 | | Répondre
  • "T'es une carrée aussi je te le rappelle"
    Humhum, d'où tiens tu cette information précieuse :p ? Forumeur ?

    Effectivement la P1, c'est l'application de principes tellement simple que beaucoup les oublient visiblement.

    Dans l'absolu, il faut se lever tous les matins à la même heure, faire des pauses à la même heure, manger à la même heure, arrêter de travailler à la même heure, se coucher à la même heure.

    Les 2-3 premières semaines sont les plus difficiles. Et puis ton corps, se superposant au modèle du sport, s'habitue, progressivement il devient de moins en moins difficile de travailler, tu commences à te rendre compte que tu penses à prendre une pause sans avoir à regarder l'heure, presque à la minute près, pareil en fin de journée.

    Ceux qui font le ramadan savent ça, le plus dur ce sont les premiers jours et puis ton corps s'adapte. C'est aussi simple que ça, et la clé de mon succès (Oui-oui, pour moi j'ai déjà gagné, ne serait-ce qu'en terme d'objectif personnel, quelque soient les résultats finaux).

    Voilà pour mon expérience

    Posté par Maztek, 11 juin 2012 à 21:11 | | Répondre
  • Je te plussoie ! De la même façon pour moi, j'ai gagné face à la P1 : j'en ai tiré quelque chose de positif, j'ai tenu face à elle. Et c'est une satisfaction qu'aucun échec ne pourra jamais m'enlever !

    De qui je tiens cette info cruciale ? Bah d'un de tes anciens commentaires, banane !

    Posté par Péhun, 11 juin 2012 à 23:41 | | Répondre
  • "Pas mal marchent au feeling"

    Je fonctionnais ainsi en P1 (S1), mais cette méthode étant trop permissive elle compromettait l'acquisition du cycle régulier dont on parlait à l'instant, cycle monotone mais efficace. Je faisais des plannings écrits au S2, environ 10 minutes pour le construire comme toi, pour fixer des plages de travail et des pauses à heures constantes. C'était efficient. J'ai donc préféré cette voie pour ma P1², mais j'avoue que j'ai parfois, durant certaines semaines légères par exemple, ou des semaines surchargées (30h de cours une fois lol) lâché du leste en procédant librement. Pour les semaines de ouf où il faut travailler au maximum de ses capacités, osef de l'ordre, et pour les légères, osef aussi comme on a le temps de tout boucler de toutes façons.

    Pour la quantité 1 lecture approfondie pendant le semestre au moins une fois pour chaque cours, sachant que je revoyais après chaque aprème les cours du matin jusqu'à les savoir à peu près. Et pendant les révisions, une lecture approfondie de chaque cours aussi. Plus quelques lectures ultrarapides en état de concentration extrême en mémoire flash pour déblayer un cours, ou pour avoir du frais pour le concours. Ultrarapide car je pouvais revoir par exemple 2h de SSH en 20 minutes et recracher les détails au concours. Mais ça avait une portée limitée, genre maximum 20% du programme de chaque matière, et c'est épuisant mentalement.

    Mes résultats demain, je vais en chier pour m'endormir.

    Posté par medicatrix, 11 juin 2012 à 23:56 | | Répondre
  • "j'en ai tiré quelque chose de positif"

    Même impression pour moi, et c'est agréable à vrai dire ! On peut se dire que l'on ne s'est pas crevé le cul pour rien.

    Posté par medicatrix, 11 juin 2012 à 23:58 | | Répondre
  • La seule rupture de monotonie que je m'accordais, en fonction des jours c'était :

    - un épisode de série télé en pause si je saturais (je marchais donc toujours par pauses de 43 minutes !)

    - inverser deux chapitres prévus sur deux jours qui se suivent. Parfois on a un truc chiant prévu à mardi et on est motivé lundi à le faire donc on en profite !

    Posté par Péhun, 12 juin 2012 à 13:33 | | Répondre
  • Et ben les cocos ça y va sur les commentaires quand le taulier n'est plus là! Je sais pas comment je dois le prendre...

    Plus sérieusement le coup du planning mental en allant à la salle de bains j'aimerais savoir comment tu fais dans le cas d'un studio <40m²! Je sais qu'après une P1 on cogite vite mais bon...

    Après tout dépend de la vitesse sur le trajet... En mode moule c'est peut être jouable!

    Plus sérieusement encore, pour le coup des plannings... Perso j'ai jamais été très fan (premier jour de P1 j'étais tout content de remplir mon agenda tout neuf offert par la fac avec la méthode des semaines là... Jamais tenu. Réessayé pour les 10 jours de révision de décembre, itou). Mais après c'est chacun comme il l'entend.

    En tout cas, de nombreuses choses me disent que plus que pour tout autre, ma P1 sera à ma P1² ce que le yin est au yang.

    Alors medicatrix ces résultats? (je tiens à dire que j'ai pas lu le dernier billet au cas où...^^)

    Posté par V.D., 12 juin 2012 à 16:17 | | Répondre
  • Ah oui en effet ^^ Cf les commentaires du 1er billet du coup

    Sur l'histoire du trajet vers la salle de bain j'ai tiqué aussi lol, la vitesse de calcul de son cerveau dans l'application "Agenda" est spectaculaire !

    Posté par medicatrix, 13 juin 2012 à 22:18 | | Répondre
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